| 00._Jeff Buckley_-_Grace.nfo | 1.84 KB | ||
| CD 0.0 - 01. Jeff Buckley-Mojo Pin.flac | 32.2 MB | ||
| CD 0.0 - 02. Jeff Buckley-Grace.flac | 36.06 MB | ||
| CD 0.0 - 03. Jeff Buckley-Last Goodbye.flac | 32.42 MB | ||
| CD 0.0 - 04. Jeff Buckley-Lilac Wine.flac | 23.25 MB | ||
| CD 0.0 - 05. Jeff Buckley-So Real.flac | 30.68 MB | ||
| CD 0.0 - 06. Jeff Buckley-Hallelujah.flac | 30.47 MB | ||
| CD 0.0 - 07. Jeff Buckley-Lover, You Should've Come Over.flac | 42.44 MB | ||
| CD 0.0 - 08. Jeff Buckley-Corpus Christi Carol.flac | 12.92 MB | ||
| CD 0.0 - 09. Jeff Buckley-Eternal Life.flac | 34.62 MB | ||
| CD 0.0 - 10. Jeff Buckley-Dream Brother.flac | 31.44 MB |
Jeff Buckley -
Grace - 1994
1001 Albums You Must Hear Before You Die
EAC Rip [FLAC] - 44100 HZ / 16 Bit:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-3943886-1350058229-2079.jpeg.jpg?042148)
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-3943886-1350058241-8312.jpeg.jpg?042148)
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-3943886-1350058251-2781.jpeg.jpg?042148)
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-7668615-1458881236-8610.jpeg.jpg?042148)
ARTISTE
Prodige de la
guitare et du chant, Jeff Buckley a triomphé avec son album « Grace » et son
titre reprise « Hallelujah ».
Décédé en 1997
d’une noyade, le fils de Tim Buckley a connu un triomphe posthume notamment
grâce aux albums “Sketches (for my sweetheart the drunk)” et “Live à
l'Olympia”.
Ses débuts
dans la musique
Né à Orange
County (Etats-Unis) le 17 novembre 1966, Jeff Buckley n’est autre que le fils
de Tim Buckley, chanteur folk et jazz, et de Mary Guibert.
Après avoir
été bercé par la musique de son père durant toute son enfance, Jeff Buckley est
parti pour New-York pour étudier.
Passionné de
musique, le jeune homme part pour Los Angeles à l’âge de vingt ans et étudie
cet art.
Pour se
perfectionner, Jeff Buckley entre dans plusieurs groupes de jazz et de funk.
En duo…
Prodige de la
guitare et du chant, Jeff Buckley retourne dans la grosse pomme en 1991 pour
fonder le duo « Gods and monsters » avec Gary Lucas.
Le tandem
compose alors de nombreux titres comme « She's free », « Harem man » et réalise
des reprises telles que « L'Hymne à l'amour » d'Édith Piaf et « Satisfied Mind
» de Porter Wagoner.
Ces chansons en
poche, le duo démarre une série de concerts à travers l’Amérique.
Puis en solo !
Après avec
réalisé une cinquantaine de shows avec son acolyte, Jeff Buckley se lance en
solo avec le maxi « Live at Sin-e », en 1993.
Le musicien
devient une star dans le bar du même nom (situé dans le Lower East Side de New
York) et y joue tous les lundis. L’engouement est tel que plusieurs directeurs
artistiques s’y rendent pour l’écouter.
Steve
Berkowitz, le directeur artistique de Columbia signe l’artiste et débute l’enregistrement
de son premier opus.
« Grace » : le
succès !
Accompagné du
bassiste Mick Grondahl et du batteur Matt Johnson, Jeff Buckley compose
l’album, en commençant par le titre « Dream brother ».
Après
plusieurs mois de travail, les musiciens achèvent l’enregistrement de cet opus.
Jeff Buckley, content du résultat final nomme l’album « Grace ».
Sortit en août
1994 en Europe puis aux Etats-Unis, le disque triomphe.
« Grace », la
tournée
Pour promouvoir
cet album, Jeff Buckley part en tournée dans toute l’Europe puis aux Etats-Unis
où son succès est grandissant.
Armé des
titres « Hallelujah », « Mojo pin » ou « Lover, You Should Have Come Over », le
chanteur réalise plus d’une cinquantaine de concerts.
Pour succéder
à « Grace », le groupe tente, tant bien que mal, d’enregistrer un nouvel album
déjà intitulé « Sketches For My Sweetheart The Drunk ».
Jeff Buckley,
touché par l’alcool et par divers problèmes repousse l’enregistrement de
celui-ci.
Le drame
Le 29 mai
1997, le groupe prend l'avion pour rejoindre Jeff Buckley resté à Memphis.
Attendant leur
arrivée, l’artiste part se promener au bord de la Wolf River avec son ami Keith
Foti et décide d’aller se baigner.
Après le
passage d’un bateau, le chanteur âgé de trente ans disparaît dans les eaux. Son
corps est retrouvé six jours plus tard.
Des albums
posthumes
Disparu au
lancement de sa carrière, le prodige a laissé derrière lui plusieurs morceaux
non publiés.
L’année
d’après son décès, sa mère, Mary Guibert, a commencé a publier des albums
posthumes.
“Sketches (for
my sweetheart the drunk)” tout d’abord en 1998 puis “Mystery white boy” un live
publié en 2000, “Live à l'Olympia” en 2001 et enfin « Songs to no one »,
enregistré avec Gary Lucas, sorti en octobre 2002.
Des projets de
Biopics
En 2011,
plusieurs projets de films autour de la vie de Jeff Buckley voient le jour à
Hollywood. Un film intitulé Greetings from Tim Buckley, mis en scène par Dan
Algrant, a commencé à être tourné durant l'été. C'est Penn Badgley, l'un des
acteurs de la série Gossip Girl (le personnage de Dan), qui a été choisi pour
se glisser dans la peau du musicien.
Un autre
long-métrage, cette fois-ci réalisé par Jake Scott, est également en
préparation. Robert Pattinson (le héros de Twilight), James Franco et le
chanteur Jared Leto ont été approchés pour le rôle.
L’ALBUM
Considéré comme un chef-d’œuvre par les uns
ou comme un simple premier album, prometteur mais imparfait par les autres,
Grace divise les avis, même s’il est indéniable qu’il a marqué sa génération.
Tout d’abord, il faut dire qu’il s’agit d’un mariage un peu triste, un peu
austère, entre rock, influences jazz et ses racines blues, ce qui ne
s’appréhende pas forcément dès la première écoute. Personnellement, j’avoue
être partagé, car je n’accroche pas vraiment à tous les morceaux (même si je me
surprends à les apprécier avec leurs nuances et défauts à chaque nouvelle
écoute), mais force est de reconnaître que certains sont de vrais joyaux. Il
est vrai que les titres écrits par Jeff Buckley manquent parfois de maturité,
comprenez de mélodies accrocheuses ou de fil conducteur, mais en tous cas, une
chose est sûre : il est un interprète hors du commun ; les trois reprises
(Lilac Wine, Corpus Christi Carol, et Hallelujah) sont parmi les meilleurs
morceaux de l’album (surtout les deux derniers cités).
Jeff Buckley, c’est surtout une voix unique,
cette singulière voix de tête et son vibrato, doucement modulée, fragile,
touchée par la mélancolie, par la « grâce » diront certains. Mais le jeu de mot
est facile. Et c’est donc cette mélancolie qui parvient le mieux à s’exprimer
et notamment sur les morceaux les plus calmes de l’album, ceux qui, dénudés,
dépouillés des atours trop chatoyants d’une instrumentation basique, permettent
à la seule voix de Jeff Buckley de se poser, de s’imposer même, dans sa beauté
nue. Mais patientez encore un peu avant de parvenir au moment élogieux de ma
chronique. Les titres plus rock, ou du moins, ceux qui intègrent une partie
plus rock, ne parviennent pas à me convaincre complètement, comme Mojo Pin,
Grace, ou Eternal Life, qui ne sont pas aussi percutants ni mélodiques, dans ce
registre, qu’un Nirvana ou qu’un Smashing Pumpkins. C’est le calme austère, à
la limite soutenu par une rythmique jazzy et une guitare acoustique, qui sied
le mieux à l’artiste. Quand c’est le cas, on ne peut qu’écouter pieusement.
Deux titres au moins méritent qu’on s’y
arrête, car ils sont incontournables ; à la limite, on achète Grace pour eux
seuls, ils le valent : Corpus Christi Carol et Hallelujah. Deux ballades
prodigieuses.
Hallelujah est soutenu par les simples
accords d’une guitare sur laquelle Jeff Buckley vient poser sa voix. Et
l’alchimie se produit, l’émotion jaillit, à l’état pur, en larmes de beauté, de
pureté, le long de ces notes lentement émises, et ces couplets tantôt murmurés,
tantôt déployés à pleine voix, qui se frayent un passage jusqu’au cœur.
Véritablement, Hallelujah est la pierre angulaire de l’album. Corpus Christi
Carol, à ce titre, est encore plus paisible qu’Hallelujah, berceuse où la
guitare s’esquisse à peine, en arrière-plan. Et là encore, l’interprétation de
Jeff Buckley est prodigieuse de douceur et d’émotion.
Pour ces deux morceaux, je ne peux que
m’incliner.
Le reste de l’album se laisse écouter, moins
impressionnant, mais agréable tout de même, et notamment Last Goodbye, Lilac
Wine, le mélodique Lover You Should’ve Come Over et Dream Brother. So Real me
paraît un peu ennuyeux par contre. De manière générale, les textes sont beaux,
tourmentés, ils paraîtront sans doute trop touchés de romantisme juvénile pour
certains, mais d’une certaine façon, ils contribuent à l’atmosphère
mélancolique qui fait la valeur de l’album.
En tout cas, Grace reste un incontournable
de la musique rock des 90’s, et a assurément marqué son époque.
Rock
Fever
Jeff Buckley était beau comme un Dieu (et
c'est un hétéro à 1000% qui vous le dit), avait un talent monstre, une voix
incroyable, un héritage important (fils de Tim Buckley, artiste folk et
avant-gardiste maudit, car n'ayant pour ainsi dire pas connu le succès de son
vivant : il est mort d'overdose en 1975, il avait 28 ans). Jeff est né en 1966,
il est mort par noyade dans le Mississippi en 1997, il avait 30 ans, allait sur
ses 31 (mort en mai, né en novembre ; en regardant les dates de naissance et de
mort, calculez, il avait 30 ans 1/2 !). Mettons tout de suite les choses au
clair : Jeff est le fils de Tim, OK, mais il a été élevé par sa mère et son
beau-père, et s'appelait Scott Moorhead. Scott, car c'est son second prénom
après Jeffrey. Et Moorhead était le nom de son beau-père. Jeff n'a pas connu
son père biologique, il ne l'a jamais rencontré, Tim étant mort alors que Jeff
n'avait que 9 ans et vivait éloigné de lui et de sa vie dissolue (drogue,
sexe...). A sa majorité, Jeff a repris le nom de son père, et son premier
prénom, ça a sans aucun doute aidé à se faire une place dans le star-system,
même si, pour tout dire, aux USA, il n'a jamais vraiment réussi à décoller.
C'est ailleurs, en Europe, que Jeff a cartonné. A l'écoute de son unique album
studio, Grace, sorti en 1994, on se demande vraiment comment un tel disque a pu
ne pas marcher autant (attention, il a marché quand même, hein !) dans son pays
d'origine. Comment l'album a pu, aux USA, ne pas être accueilli comme il le
méritait. Pour le reste du monde, aucun problème, ce fut un cataclysme, ce
disque. Je suis né en 1982, j'avais donc 12 ans, et je m'en souviens encore.
Impossible ou presque d'aller dans un magasin type FNAC sans tomber sur la
christique et sublime pochette de l'album, représentant un Jeff songeur, mal
rasé, veste moirée, comme se cramponnant à un antique micro, devant un rideau
bleu. L'album offrait 10 titres (11 par la suite : Forget Her sera rajouté sur
les rééditions, mais à la base, n'est sorti qu'en single) prodigieux, une
cinquantaine (quasiment une heure désormais) de minutes tout simplement
bluffantes, production parfaite, anthologique, et interprétation à la hauteur
de tout ça. Jeff tient la guitare et certains claviers (orgue, harmonium), et
est entouré de Mike Grondahl (basse), Michael Tighe (guitare), Matt Johnson
(batterie). Gary Lucas joue de la guitare sur les deux premiers titres. L'album
est produit par George Marino, Andy Wallace, Steve Berkowitz et Jeff.
Grace mérite bien son nom, c'est un album
littéralement touché par la grâce. Jeff y offre trois reprises imparables, et
le reste, il l'a écrit, ou co-écrit (avec Lucas, Tighe ou Grondahl et Johnson). Les reprises ? Lilac
Wine, signé James Shelton, est une douceur absolue, aérienne, datant de 1950,
une chanson qui m'énervait un peu à la base, je la trouvait trop lente, mais
mon Dieu, avec le temps, je dois dire qu'elle est d'une beauté totale ; on a
Corpus Christi Carol, adaptation d'un air religieux de Benjamin Britten, une
chanson religieuse, donc, une sorte d'aria, morceau très court (moins de 3
minutes, le plus court de l'album, de loin) et sur lequel Jeff use avec
élégance et délicatesse d'un timbre de voix très rossignolesque. Ce mec avait
une voix incroyable, meilleure que celle de son père (qui, pourtant, avait
aussi une voix remarquable). Difficile de ne pas frissonner. Idem pour
Hallelujah, mythique reprise de Leonard Cohen, chanson emblématique de la
légende Jeff Buckley, quasiment 7 minutes (morceau le plus long, mais pas de
beaucoup) belles à pleurer dans sa bière. Une chanson parfaite. Mais le reste est
grandiose aussi : Lover, You Should've Come Over, 10 secondes de moins que
Hallelujah, est une chanson de rock-soul ahurissante, une perfection qui, qui
plus est juste après Hallelujah (et avant Corpus Christi Carol !), met
l'auditeur à genoux. Le reste de l'album est très rock : Eternal Life est sous
influence Led Zeppelin (Physical Graffiti fut le premier album que Jeff a
possédé) et renverse bien la vapeur après 17 minutes (de Hallelujah à Corpus
Christi Carol) émouvantes ; So Real est à peine moins violent. Dream Brother,
avec son bridge hallucinant, est un régal plus recherché que de coutume, Forget
Her, qui sortira en single et est désormais le final du disque, est un hit en
puissance au refrain inoubliable... Et on a la triplette d'intro : Mojo Pin, Grace,
Last Goodbye. Là, que dire ? Trois chansons qui butent, totalisant un bon quart
d'heure de rock fulgurant, tubesque qui plus est.
Tout est parfaitement calibré, sur Grace, de
toute façon : après cette triplette introductive monstrueuse, on a Lilac Wine,
qui fait retomber la pression, un peu de douceur avant la violence rock de So
Real. Puis la triplette christique, à tomber par terre ; puis Eternal Life, qui
fait resauter les boulons de vos enceintes dès son riff ; puis Dream Brother et
Forget Her, et une fois le disque fini, on n'a qu'une envie, le remettre. Avec
sa profusion de grandes chansons, de hits (Grace, Last Goodbye, Hallelujah,
Forget Her, Lilac Wine), sa production parfaite et très claire (et totalement
numérique) qui peut même user le cerveau et les oreilles si on écoute le disque
trop fort et au casque (un peu comme le Black Album de Metallica ou les Use
Your Illusion des Guns'n'Roses : production éclatante et puissante), avec tout
ça, Grace est un chef d'œuvre absolu, à la fois du rock des années 90 et du
rock tout court. Un disque essentiel et qui soutient admirablement le test du
temps. Quel dommage, sincèrement, que Jeff n'ait pas eu le temps de faire un
autre disque (sa discographie officielle contient deux lives, un datant d'avant
Grace, et un d'après Grace, et sur lequel il reprend du Edith Piaf), quel
dommage que, comme son père, sa carrière ait été si brutalement et rapidement
interrompue...
XSilence
Jamais album n'aura si bien porté son nom.
Sorti en 1994, Grace est comme une météorite
tombée par erreur sur Terre, qui révèle aux oreilles abasourdies de la petite
planète rock un jeune homme encore un peu timide, un certain Jeff Buckley (fils
de Tim, s'il est encore nécessaire de le préciser).
Après s'être rodé dans les clubs new yorkais
pendant plusieurs années, Buckley pose enfin ses compositions sur bandes, et
l'on a presque peine à croire que l'on a réussi à vivre jusqu'à ce jour sans
n'avoir jamais entendu cette voix. Dès les premiers chuchotements de "Mojo
Pin" qui survolent quelques notes de guitares distillées avec pudeur, les
aiguilles de la pendule suspendue au mur de votre chambre semblent s'arrêter de
tourner et un parfum d'intemporalité infiltre votre environnement. Alors
arrivent les notes électrisées de "Grace" qui vous font basculer du
côté du sublime transcendant et qui pour ma part, continuent toujours de me
faire frissonner. 'This is our last goodbye / I hate to feel the love between
us die' ; sur ces mots s'ouvre "Last Goodbye", qui rendrait presque
la rupture amoureuse belle et poétique.
Buckley côtoie la perfection avec un naturel
déconcertant, et il n'y a pas un morceau sur cet album qui ne soit pas touché
par la grâce divine. Et cela, on le doit à la fois aux qualités quasi innées du
garçon en tant que musicien et que chanteur, mais aussi à son perfectionnisme
connu qui transparaît ici comme une évidence. Un peu plus loin, comme une
caresse, "Lilac Wine" vous enivre d'une douceur mélancolique portée
par un chant maîtrisé de bout en bout. Les mots me manquent d'ailleurs pour
évoquer ensuite "Lover, You Should've Come Over" ou "Dream
Brother".
On a souvent dit de Jeff Buckley qu'il était
un écorché ; mais il est surtout un musicien passionné dont la fragilité
exacerbée transpire à travers chaque note et chaque souffle.
Enfin, il serait parjure de parler de Grace
sans s'arrêter un instant sur la reprise de L. Cohen "Hallelujah",
mystique et totalement habitée, qui finit de conduire le petit Buckley au
royaume des génies incandescents. Nous, on n'a pas fini de regretter que cet
album soit à jamais sans suite.
Albumrock
"Un génie à la voix venu d'ailleurs,
une oeuvre intemporelle, que du bon ..."
"Encore un samedi pluvieux. Envie de
rien faire. Rien d’intéressant à la radio et j’ai déjà écouté mes cd une bonne
dizaine de fois. Pourquoi ne pas trouver quelque chose de nouveau à écouter ?
Un coup d’œil dans mon portefeuille... ouais bof, lui aussi tire la gueule...
reste plus qu’à aller faire un tour à la médiathèque. Deux minutes plus tard,
me voilà emmitouflé dans un K-way, chevauchant ma mobylette en essayant
d’éviter les flaques pour préserver mon jean. A peine arrivé, je me lance dans
une recherche minutieuse de l’album qui sauvera peut-être mon week-end de
l’ennuie. Après avoir retourné le rayon Variétés Internationales (et non, il
n’y a pas de rayon rock dans mon village) je tombe sur une pochette qui éveille
mon intérêt. Jeff Buckley... j’ai déjà entendu ce nom quelque part... Allez
hop, emballé c’est pesé, direction le vieux barbu qui garde les cd et retour
chez moi sur mon fidèle deux roues. Je change de jean (trempé malgré mes
efforts), j’allume la chaîne et j’enfourne la galette fraîchement dégottée. Si
j’avais su que j’allais prendre la plus grande claque de ma vie, je me serais
sans doute mieux habillé pour l’occasion ! "
C'est après l'EP Live At Sin-é capturant
l'intensité de ses premiers concerts, sorti en 93, que Jeff Buckley entre en
studio sous la coupelle d'Andy Wallace (Sepultura, Faith No More) pour
enregistrer ce qui deviendra un album de référence pour toute une génération,
le somptueux Grace. Et le 23 Août 1994, alors qu'il débute une tournée
européenne, le disque fait enfin son apparition dans les bacs des disquaires.
Dès les premières mesures de "Mojo
Pin" (comprenez "aiguille à héroïne") le ton est donné. Ici, les
instruments ne servent qu’à accompagner la voix phénoménale de Jeff Buckley. Et
ce n’est pas le monument "Grace", véritable pièce d’orfèvre tant dans
sa conception que dans son interprétation, qui nous dira le contraire.
L’enchaînement des accords ne laisse aucune échappatoire à l’auditeur et
l'entraîne, non sans une certaine délectation, vers un final des plus
apocalyptique.
Parfois pop ("Last Goodbye",
"Lover You Should Come Over"), parfois plus rock ("So
Real") mais toujours émouvantes ("Lilac Wine", Dream
Brother"), chaque chanson possède son univers propre et s'appuie sur des textes
irréprochables. Et oui, en plus d'avoir une voix incroyable, Jeff Buckley est
également un songwriter de génie.
Et à travers cette débauche d’émotions,
l’album continue tranquillement à nous balader au fil des morceaux jusqu'à la
piste 6 ou on voit apparaître un Jeff Buckley, seulement armé de sa guitare,
comme au temps de ses premiers concerts, prêt à faire taire, si besoin était,
les plus sceptiques. Pour cette reprise du classique "Hallelujah" de
Léonard Cohen, il n’aura eu besoin d’aucun arrangement pour signer l’une de ses
plus belles œuvres.
Seul bémol, le titre "Corpus Christi
Carol", reprise de Benjamin Britten, ou l’exploit vocal n’a d’égal que le
décalage de cette chanson aux accents lyriques avec le reste de l’album. Et
c'est profitant de ce moment de flottement que Jeff Buckley nous livre son
morceau le plus rock, "Eternal Life", comme pour nous montrer qu’il
est le seul maître à bord.
Tout n'est qu'amour et rage au fil de ces 10
titres et il n’aura fallu qu’un disque pour faire de Jeff Buckley le digne
héritier de son père (le non moins fameux Tim Buckley). C’est le genre d’album
qui s’écoute d’une traite, comme un film dont on ne veut pas rater la fin et
sept ans plus tard ma rencontre avec Grace, j’ai toujours l’impression d’avoir
une pépite dans les mains chaque fois que je passe cet album. Si un destin
tragique ne l'avait pas rattrapé l'année de ses 31 ans, qui sait ce que ce
génie aurait encore pu nous faire partager ...
1001 Albums You Must Hear Before You Die
ln an era
when the soundtrack to angst was defined by grungey guitars and plaid shirts,
Jeff Buckley's delicate melodies and aesthetic sensibilities set him a world apart.
A graduate of New York's early 1990s avant-garde club scene, Buckley, whose
father Tim was a folk hero of the late 1960s, recorded his first commercial
four-track EP, Live At Sin-É, in said tiny coffeehouse in the city's bohemian
East Village. Before its release by Columbia in the autumn of 1994, Buckley and
his core of musicians had wasted no time in creating their first studio LP, Grace.
A ten-track
ode to loneliness, loss, and the sheer incompetence of man in times of trouble,
Grace's lyrics are inescapably tinged with melancholia, but the album is saved
from over sentimentality by Buckley's joyously uplifting vocals and comforting
musical arrangements. The unbearably sad "Last Goodbye" is accompanied
by strings that would stir the stoniest of hearts, while Benjamin Britten's
"Corpus Christi Carol" gives Buckley full rein to display his
astonishing multioctave vocal range. A welcome irony of Buckley's music is that
songs that had been fine-tuned in minuscule venues with primitive acoustics
sound so big and glorious on this shockingly mature debut. His take on Leonard
Cohen's "Hallelujah" is so confident you find yourself questioning
who recorded the sang first.
Grace was
an instant classic, critics and musicians alike applauding Buckley's musical
craftsmanship and effortless songwriting, but the glittering future predicted
by all was not to be. Jeff Buckley drowned at age 30 in May 1997, leaving
behind a tragically short but vitally important musical legacy.
TRACKLINSTING
| 1 | Mojo PinWritten-By – Gary Lucas, Jeff Buckley | 5:42 |
| 2 | GraceWritten-By – Gary Lucas, Jeff Buckley | 5:22 |
| 3 | Last GoodbyeWritten-By – Jeff Buckley | 4:35 |
| 4 | Lilac WineWritten-By – J. Shelton* | 4:32 |
| 5 | So RealWritten-By – Jeff Buckley, Michael Tighe | 4:43 |
| 6 | HallelujahWritten-By – Leonard Cohen | 6:53 |
| 7 | Lover, You Should've Come OverWritten-By – Jeff Buckley | 6:43 |
| 8 | Corpus Christi Carol (For Boy)Written-By – Benjamin Britten | 2:56 |
| 9 | Eternal LifeWritten-By – Jeff Buckley | 4:52 |
| 10 | Dream BrotherWritten-By – Jeff Buckley, Matt Johnson, Mick Grondahl | 5:26 |
All Comments