[Blues Industriel] Bluebob (David Lynch) - Bluebob (2002) [MP3-320]

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[Blues Industriel] Bluebob (David Lynch) - Bluebob (2002) [MP3-320] (Size: 144.92 MB)
  01 - 911.mp3 8.71 MB
  02 - Rollin' Down (To My House).mp3 11.29 MB
  03 - Thank You, Judge.mp3 13.31 MB
  04 - I Cannot Do That.mp3 9.86 MB
  05 - Factory Interlude (instrumental).mp3 1.03 MB
  06 - Blue Horse (instrumental).mp3 16.84 MB
  07 - Bad Night.mp3 11.36 MB
  08 - Moutains Falling.mp3 18.95 MB
  09 - Go Get Some (instrumental).mp3 16.46 MB
  10 - Pink Western Range.mp3 9.55 MB
  11 - Marilyn Monroe.mp3 12.98 MB
  12 - City of Dreams.mp3 14.58 MB

Description


Bluebob
David Lynch & John Neff

Bluebob (2002)


Un OVNI sinistre passe !

MP3 (320 Kbs)
posté aussi en FLAC (16 bit)

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On ne présente pas D. Lynch, alors laissons le répondre à quelques questions !
Rencontrer David Lynch est évidemment un événement au plaisir incomparable, surtout que l'homme au charme et à la coupe de cheveux indescriptibles répond aux questions avec une grande gentillesse et un regard profond. Accompagné de John Neff (qui oeuvre dans le milieu musical depuis 1965!) pour la promotion de leur excellent projet BlueBob, Monsieur Lynch nous parle de musique, exclusivement de musique, et cela s'avère etre une véritable lecon de création artistique.

Peut-on parler de BlueBob comme un project de genre, notamment du fait qu'il y ait un parfum très fifties?
David Lynch: Oui, tout à fait.
John Neff: Dans le mille!

Votre album, également intitulé BlueBob est pourtant aussi très moderne, voire industriel...
David: Il est inspiré par les usines, oui. Le feu, la fumée, les machines et toutes sortes d'usines.

C'est ce que vous avez en tete lorsque vous composez?
John: C'est une sensation que nous éprouvons en jouant.

Les paroles ne sont pas franchement très teintées "usines"...
David: Les paroles se dégagent de la musique. C'est la dernière étape dans la compositions des chansons. Parfois, je pioche dans une boite où sont entassées des paroles déjà écrites et j'essaie de les marier à la musique. Quand les paroles arrivent, je les donne à John qui s'enferme dans la cabine du studio et s'efforce, lui aussi, de les marier à la musique.
John: Je ne lis pas les paroles avant de les chanter et je n'essaye pas non plus d'en dégager une mélodie. Je m'enferme dans la cabine et on commence à enregistrer. Pendant l'enregistrement du chant, David me fait comprendre qu'il faut que je baisse d'un ton ou que je ralentisse le débit de paroles, puis on réessaye sur un autre mode et on garde le meilleur. C'est très rapide. Je n'avais jamais travaillé comme cela auparavant. Normalement, j'aime savoir de quoi je vais parler avant d'enregistrer (rires)!

Toutes les chansons sont composées sur ce meme plan?
David: Oui. On part d'un rythme puis, selon le son de guitares, certaines choses émergent. La musique de "Bad Night", très proche d'un Georges Thorogood, m'a inspiré instatanément l'histoire décrite dans les paroles, une histoire typiquement californienne (ndlr: un innocent se fait mortellement blesser par balles à Los Angeles).

Cette chanson sonne très cliché américain...
Oui, c'est vrai. Il y règne une sorte de chose préexistante que les gens peuvent reconnaitre.

Pensez-vous que le lieu influe sur la création artistique?
Fatalement. Le lieu géographique influence toujours la création. Il y a quelque chose dans l'air de ton environnement qui t'amène à faire telle ou telle chose, à sonner de telle ou telle manière. Mais cela dépend toujours de l'électricité (rires)!

L'album est très homogène. C'était voulu?
Non, mais il y a un tas d'autres chansons ou d'amorces de chansons que nous avons du laisser du coté car elles ne correspondaient pas à l'humeur de l'album.

Le coté sombre était volontaire ou juste naturel et instinctif?
Ce n'était pas voulu. Le son, les cordes, d'autres sons, tout s'enchevete et tu finis par saisir une veine que tu suis jusqu'au bout. La création te parle avant de devenir une entité qui a sa propre personnalité. Ce n'est pas que tu ne controle pas celle-ci, c'est juste que tu te laisses guider par les choses du départ, de son rythme, qui t'emmènent d'une étape à l'autre. Tu es complètement dedans sans savoir ou cela va te mener. C'est de l'ordre de l'expérimental.
John: La base des chansons se fait à chaque fois "live". On construit un rythme au préalable car nous n'avons pas de batteur. Ensuite, on joue live dans le studio par-dessus la piste percussive, avec parfois une petite idée de la direction que l'on va prendre, alors qu'à d'autres moments on part complètement à l'aveugle. On se laisse aller à jouer et les choses arrivent comme pour "Mountains falling" qui s'est constituée pratiquement d'un seul jet. On a ajouté quelques arrangements après coup, mais sinon cette chanson est tout simplement... apparue. C'était le bon jour, le bon moment, on avait le bon feeling.

David, est-ce que l'on peut comparer cette facon de faire à votre manière de peindre?
David: Tout à fait. Action et réaction, apprendre tout en faisant, commencer quelque chose puis écouter ou regarder et réagir spontanément, intuitivement. Et surtout ne pas avoir peur de détruire quelque chose car de la destruction peut émerger de nouvelles choses sensationelles.

Une certaine violence primitive?
La violence fair parfois irruption dans la création. Tu peux parfois avoir la soudaine envie de mordre ta peinture, mais en ce qui me concerne, je ne l'ai jamais fait car la peinture contient des substances nocives (rires)! J'aime détruire les choses par le feu et j'aime aussi que certains éléments de la nature m'aident de diverses manières à avancer dans une création. Quand tu veux arriver à un certain point dans ta création, peu importe le moyen d'y arriver, tu dois y arriver. Et cela est vrai pour toute forme d'expression artistique. Il ne faut pas hésiter à pénétrer profondément dans la création sans jamais occulter la possibilité d'accidents ou de destruction. Tout cela est lié. La création artistique est comme une expérience scientifique en laboratoire, pour obtenir quelque chose, il faut faire des essais et parfois tu obtiens quelque chose de totalement imprévu.

Vous avez crée votre studio dans ce but quelque peu laboratin?
Exactement. Je voulais un endroit qui fasse à la fois théatre, salle de mixage pour films, vidéos et musique, et studio d'enregistrement. Je l'ai concu de manière à ce que toutes sortes d'expérimentations y soient possibles sans avoir à subir la pression pécuniare due à la location d'un studio.
John: Mais meme sans avoir à la louer un studio, ca nous a couté de l'argent (rires)!

Depuis combiens de temps travaillez-vous ensemble?
Depuis 1997, lorsque le studio de David a été achevé. On a commencé à travailler ensemble sur le project d'une chanteuse interprétant du Hildegard von Bingen. C'est là que David a commencé à expérimenter avec sa guitare de manière étonnante et quasi industrielle. Il joue de manière intuitive, il laisse la guitare lui parler...
David: C'est une expérience continue. Je désir aller encore plus loin dans cette direction. Quelqu'un à Los Angeles est en train de me fabriquer une guitare très spéciale, juste pour moi, pour me permettre de sortir e nouveaux sons....

Votre manière de jouer et de concevoir la musique me rappelle celle de Blixa Bargeld du groupe allemand Einstürzende Neubauten...
David: Je ne connais pas (ndlr: après une rapide présentation de Blixa et de son groupe, David et John ne peuvent s'empêcher de ponctuer celle-ci de "cool" voire de "super cool").

C'est une grande influence pour Rammstein (ndlr: qui se sont fait connaitre chez nous grace à la BO de Lost Highway)...
Je ne connais Rammstein que parce qu'ils m'ont envoyé une cassette et que j'ai tout de suit pensé que leur musique pourrait être géniale dans mon film.

Le fait que vous ne soyez que tous les deux à tout faire sur cet album, c'était voulu?
Oui, De toute facon, on n'aurait trouvé personne d'autre (rires)! Nous n'avons pas d'amis.
John: Personne ne venait nous voir (rires)!

Trop dangereux, sans doute... Sur scène, vous ne serez pas tout seuls, n'est-ce pas?
David: Non, il y aura quatre autres musiciens avec nous pour les concerts. Il y aura un batteur, un guitariste, un bassiste et un claviériste, plus quelques bandes préenregistrées.

BlueBob est très rock. Vous n'avez rien contre les machines?
Je n'ai rien contre rien. BlueBob est très organique et comme tu l'as dit, très attaché au passé. Mais nous avons utilisé énormément de techniques modernes et ne nous donnant aucune limite quant à l'expérimentation.
John: A la base, nous voulions faire quelque chose de plus percussif et plus centré sur les machines. Et puis on a improvisé ensemble à partir de jolies séquences rythmiques que nous avons créées et est arrivé ce qui est arrivé. Comme les rythmes ont été créé à l'aide de machines, on peut dire que BlueBob s'est créé grace aux machines.

David, vous pensiez à la scène lorsque vous avez démarré le projet de BlueBob?
David: Laisse-moi te dire quelque chose. J'ai essayé de ne surtout pas y penser. Je ne pensais meme pas faire un album. Tout ce que je voulais c'était faire des boeufs avec John. Après la composition de quatre morceaux, on s'est dit qu'on pourrait faire un album. C'est alors que certaines personnes de notre entourage nous on dit en plaisantant qu'il faudrait qu'on tourne pour promouvoir l'album. Je n'avais jamais pensé faire de la scène auparavant et cette perspective est pour moi un véritable cauchemar!

Et vous ne chantiez pas chez BlueBob. Chanter est aussi un cauchemar pour vous?
Oui! C'est un cauchemar. Et se serait certainement un cauchemar pour les autres aussi (rires)!

Et si vous restiez chaché derrière un masque?
Le seul masque qui arriverait à me cacher est celui formé par l'effet de certaines drogues (rires)! Je ne sais pas chanter et je sais que, meme caché, quelque chose ou quelqu'un me le ferait ressentir et cela me terrifie.

La drogue a été d'un quelconque secours dans la composition de BlueBob?
Non, non! Excepté la caféine et la nicotine...


Genre : Blues Industriel / Rockabilly Expérimental
Origine : USA

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line-up :
David Lynch, John Neff




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On trouvera dans ce disque deux morceaux qu'on peut entendre dans Mulholand drive.

Critique de l'Album


Quel étrange objet que ce coffret, renfermant un CD audio et un livret de 16 pages incluant photos et paroles de chansons dudit CD et d'une dimension hors norme pour un tel produit.

Qui se cachent derrière Blue Bob? David Lynch, que l'on connait pour ses films atypiques, et John Neff, un homme de l'ombre qui collabore notamment avec le réalisateur sur son site Internet. Par contre, pas d'Angelo Badalamenti, son compositeur fétiche, à l'horizon. Les 9 chansons et les 3 instrumentaux ont tous été joués, mixés et produits par Lynch et Neff. La majorité des vocaux sont assurés par Neff et les paroles toutes écrites par Lynch. Un vrai travail en tandem. On retrouve néanmoins tout ce qui constitue l'univers du réalisateur d'Eraserhead dans ce projet : le booklet contient nombre de photos prises par Lynch à la symbolique métallique et industrielle et la musique matraque un rock'n'roll puissamment moderne, avec des guitares sales, des basses sèches et une batterie lourde et oppressante.

Blue Bob draine ainsi 12 chansons à la rythmique 50's qui nous permettent de sombrer dans un labyrinthe électrique (remember Twin Peaks) au travers du gosier d'acier de Neff et (il faut malheureusement bien faire une filiation) une musique qui ferait fusionner Roy Orbison et Trent Reznor. Un orgasme sonore en somme.


"plusieurs avis valent mieux qu'un"
David Lynch est décidément un personnage à part ; non content de nous pondre des chefs-d'oeuvre à chaque fois qu'il saisit une caméra, le voilà qui se met à la musique. Les spécialistes du bonhomme n'en seront pas autrement surpris, après tout n'a-t-il pas écrit le fameux "Radiator song" (repris par Tuxedomoon, Miranda sex garden, et bien d'autres) sur son film, "Eraserhead" ? Flanqué de son complice John Neff, il s'est enfermé dans un studio…quant à savoir ce qui s'y est passé…certaines choses doivent rester secrètes. Le résultat est "Bluebob". L'erreur serait de se dire, "c'est Lynch, c'est génial", pourtant force est de reconnaître que ce disque est bon. Nos lascars ne sont plus tout jeunes et leurs références sont bien entendu rock avant tout, mais passées à la moulinette d'esprits aussi allumés, toutes les surprises sont possibles. Pour essayer de résumer, nous avons affaire à un rock'n'roll traditionnel teinté d'indus, de gothabilly et de country métal.

Ainsi un titre comme ‘Thank you judge' évoque volontiers les Cramps, tandis que "I cannot do that" rappelle plutôt Foetus, et à l'écoute de "Bad night", on songe à du rock pour biker, à celle de "Mountains falling" à du Pink Floyd indus ! Au niveau des compositions, remarquons une rythmique assez classique, tantôt rock, tantôt jazzy, assez minimaliste et répétitive, des guitares presque blues parfois, beaucoup plus lourdes, voir métal d'autres fois, le tout assaisonné de bruits bizarres. La voix de John Neff est truffée d'effets, d'où un certain nombre d'atmosphères très industrielles, hypnotiques également. L'ambiance générale n'est pas vraiment gaie et dégage une sorte de folie à la fois oppressante et rassurante aux teintes plutôt nocturnes. Comme il fallait s'y attendre, le duo ne fait rien comme tout le monde et c'est tout à leur honneur. La musique de Bluebob ne laisse en aucun cas indifférent, on aime ou pas, mais elle est réellement intéressante. Je veux vieillir comme David Lynch.



une petite idée, alors Youtube est votre ami :




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Format : MP3 (320 Kbs)
durée totale : 1 h 03 mn 12 s
présence pochette & livret : non

les titres de l'album :
1. 9-1-1
2. Rollin' Down (To My House)
3. Thank You, Judge
4. I Cannot Do That
5. Factory Interlude (Instrumental)
6. Blue Horse (Instrumental)
7. Bad Night
8. Mountains Falling
9. Go Get Some (Instrumental)
10. Pink Western Range
11. Marilyn Monroe
12. City Of Dreams



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