| 00._Brian Wilson_-_SMiLE.nfo | 2.49 KB | ||
| 01 - Our Prayer-Gee.mp3 | 4.93 MB | ||
| 02 - Heroes And Villains.mp3 | 11.16 MB | ||
| 03 - Roll Plymouth Rock.mp3 | 8.7 MB | ||
| 04 - Barnyard.mp3 | 2.23 MB | ||
| 05 - Old Master Painter-You Are My Sunshine.mp3 | 2.44 MB | ||
| 06 - Cabin Essence.mp3 | 7.98 MB | ||
| 07 - Wonderful.mp3 | 4.84 MB | ||
| 08 - Song For Children.mp3 | 5.2 MB | ||
| 09 - Child Is Father Of The Man.mp3 | 5.26 MB | ||
| 10 - Surf's Up.mp3 | 9.46 MB | ||
| 11 - I'm In Great Shape-I Wanna Be Around-Workshop.mp3 | 4.43 MB | ||
| 12 - Vega-Tables.mp3 | 5.31 MB | ||
| 13 - On A Holiday.mp3 | 5.95 MB | ||
| 14 - Wind Chimes.mp3 | 6.62 MB | ||
| 15 - Mrs. O'Leary's Cow.mp3 | 5.63 MB | ||
| 16 - In Blue Hawaii.mp3 | 6.85 MB | ||
| 17 - Good Vibrations.mp3 | 10.54 MB | ||
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Brian Wilson - SMiLE - 2004
?
A partir de l'été 1966, les séances de studio pour Smile se succèdent avec régularité. Systématisant la méthode utilisée pour Good Vibrations, collage sonore d'une complexité inouïe (six semaines d'enregistrements pour 3 minutes 40 de musique), Brian Wilson travaille par fragments, dans cinq studios différents de Los Angeles. Pour le seul morceau Heroes & Villains sont enregistrés des dizaines de thèmes, joués avec d'infinies variations et parfois réutilisés pour d'autres chansons de l'album. Dans ces conditions, plus de couplets ni de refrain à proprement parler, mais plutôt un système d'échos : les différentes sections, une fois montées, doivent former des paysages sonores toujours changeants.
Brian Wilson semble à l'époque poursuivi par une obsession : saturer le disque de musique, sans jamais se répéter. Et pour cela tout lui sert d'instrument : grognements, bruits de marteaux et de perceuses, violons dissonants... Il y a là quelque chose du jeu, et quelque chose de religieux. Si Pet Sounds est le disque de la détresse amoureuse et de la nostalgie, Smile semble celui de l'enfance retrouvée. Qu'on écoute pour s'en convaincre les Beach Boys psalmodier comme une révélation ce vers de Wordsworth : « The child is father of the man ».
Mais l'ambition du compositeur n'est pas sans inquiéter son entourage, d'autant qu'elle s'accompagne de crises paranoïaques liées à sa consommation de LSD et d'amphétamines : après avoir enregistré l'instrumental Fire fin novembre, il se persuade que la chanson a déclenché un grand incendie. L'accumulation des bandes pose un problème plus sérieux : que garder parmi les heures d'expérimentations et, surtout, dans quel ordre monter les chansons ? Brian Wilson se perd dans le labyrinthe qu'il a lui-même construit.
Des publicités diffusées à la radio annoncent Smile pour janvier 1967, mais rien ne vient. A la télévision, Leonard Bernstein présente avec admiration une démo de la chanson Surf's Up, qui doit être l'un des sommets du disque. Pendant ce temps, les enregistrements piétinent à cause du procès qu'intente le groupe à sa maison de disques, Capitol, pour une histoire de royalties. Etroitement lié au projet Smile mais lassé par les critiques de certains Beach Boys, le parolier Van Dyke Parks choisit bientôt de se consacrer à son premier album solo. De plus en plus isolé et passablement défoncé, Brian Wilson voit sa paranoïa s'aggraver: il se croit espionné par les Beatles et Phil Spector, ses rivaux.
En mai 1967, Smile est officiellement abandonné. Tenu de livrer un disque à Capitol, le groupe bâcle alors en deux semaines Smiley Smile. Comme son titrel'indique, il s'agit presque de Smile : on y entend des bribes de Heroes & Villains, ainsi que des versions délibérément sabotées d'autres chansons, ralenties et minimalistes. Le tout, émaillé de rires hystériques et de dialogues de studio, ressemble à un suicide artistique. Quand le disque paraît en septembre, son charme étrange ne l'empêche pas de paraître bien anodin au regard de Pet Sounds, ou même de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, le rouleau-compresseur psychédélique des Beatles, sorti trois mois plus tôt.
A 25 ans, la carrière de Brian Wilson est pour ainsi dire terminée : il passera la plus grande partie des années suivantes dans son lit. Quant aux Beach Boys, incapables de faire oublier leur image de gentils garçons en chemisettes, ils sont ringardisés par les nouveaux groupes californiens. Leurs disques ne brilleront plus que par intermittence, notamment quand le groupe exhumera des bouts de Smile pour compléter ses albums.
D'autres enregistrements, dévoilés au cours des années 1980 lors de conventions de fans, donneront à Smile les proportions d'un mythe – avec sa glose et son exégèse, souvent délirante. Les premiers disques pirates commencent à circuler, bientôt favorisés par l'essor d'Internet.
Et en 2004 survient ce que plus personne n'espérait : à 62 ans, Brian Wilson se ressaisit de Smile, en concert puis sur disque, et lui donne pour la première fois la forme d'une suite cohérente. Sa version de l'album, pensée pour le CD, n'a pour autant rien de définitif. La parution de ce coffret non plus : il présente plutôt un disque en pièces détachées, dont on ne peut que rêver la totalité. Un chef-d'oeuvre pour l'ère numérique en somme : avec un ordinateur et un logiciel de montage audio, n'importe quel amateur peut aujourd'hui créer sa version de l'album.
LE MONDE | 07.11.2011 à 14h56 • Mis à jour le 13.06.2014 à 20h23 |Par François Burkard et Sylvain Siclier
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