| 00._David Bowie_-_The Next Day.nfo | 2.34 KB | ||
| CD 0.0 - 01. David Bowie-The Next Day.flac | 26.35 MB | ||
| CD 0.0 - 02. David Bowie-Dirty Boys.flac | 17.26 MB | ||
| CD 0.0 - 03. David Bowie-The Stars (Are Out Tonight).flac | 28.87 MB | ||
| CD 0.0 - 04. David Bowie-Love Is Lost.flac | 28.32 MB | ||
| CD 0.0 - 05. David Bowie-Where Are We Now.flac | 24.8 MB | ||
| CD 0.0 - 06. David Bowie-Valentine’s Day.flac | 20.63 MB | ||
| CD 0.0 - 07. David Bowie-If You Can See Me.flac | 23.38 MB | ||
| CD 0.0 - 08. David Bowie-I’d Rather Be High.flac | 25.78 MB | ||
| CD 0.0 - 09. David Bowie-Boss of Me.flac | 28.46 MB | ||
| CD 0.0 - 10. David Bowie-Dancing Out in Space.flac | 25.26 MB | ||
| CD 0.0 - 11. David Bowie-How Does the Grass Grow.flac | 32.17 MB | ||
| CD 0.0 - 12. David Bowie-(You Will) Set the World on Fire.flac | 25.68 MB | ||
| CD 0.0 - 13. David Bowie-You Feel So Lonely You Could Die.flac | 31.34 MB | ||
| CD 0.0 - 14. David Bowie-Heat.flac | 28.4 MB | ||
| CD 0.0 - 15. David Bowie-So She.flac | 15.1 MB | ||
| CD 0.0 - 16. David Bowie-Plan.flac | 12.61 MB | ||
| CD 0.0 - 17. David Bowie-I’ll Take You There.flac | 19.93 MB | ||
| ▲ 18 total files | |||
David
Bowie - The Next Day - 2013
EAC Rip [FLAC] - 44100 HZ / 16 Bit -
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-4355563-1362819246-5468.jpeg.jpg?042148)
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-4355563-1362766390-4307.jpeg.jpg?042148)
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-4355563-1363785506-1455.jpeg.jpg?042148)
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-4355563-1363164630-8577.jpeg.jpg?042148)
ARTISTE
David Bowie,
nom de scène de David Robert Jones, né le 8 janvier 1947 à Londres dans le
quartier de Brixton (Royaume-Uni) et mort le 10 janvier 2016 à New York dans le
quartier de Manhattan (États-Unis), est un musicien, chanteur,
auteur-compositeur-interprète, producteur de disques, peintre et acteur
britannique.
Après des
débuts entre folk et variété dans la seconde moitié des années 1960, et un
détour par le mime, il se fait connaître du public, en 1969, lorsque son titre
Space Oddity entre dans le top five des meilleures ventes au Royaume-Uni. Mais
c'est trois ans plus tard, en 1972, que Bowie devient réellement une vedette
par l'intermédiaire de son alter ego décadent, Ziggy Stardust. Il s'impose
alors, appuyé par le guitariste Mick Ronson, avec un glam rock sophistiqué et
apocalyptique et des spectacles flamboyants. À cette époque, il produit et
collabore aux carrières en solo de Lou Reed et d'Iggy Pop.
Pendant le
reste de la décennie, il s'intéresse aux musiques noires (R'n'B, soul et funk)
puis à la musique électronique émergente, créant des mélanges nouveaux
notamment avec la complicité du producteur et musicien Brian Eno, pour ce qu'on
appellera la « trilogie berlinoise », Low, "Heroes" et Lodger,
considérée comme un de ses sommets artistiques. Dans les années 1980, il
connaît, avec la sortie de Let's Dance, le plus grand succès commercial de sa
carrière (1983), devenant une vedette mondiale grand public et remplissant les
stades avec une musique orientée vers la pop. Cependant, il finit la décennie
avec un revirement complet, en s'associant au groupe de garage rock, Tin
Machine. Dans les années 1990, il retourne à un style plus expérimental
intégrant les influences de musiques contemporaines telle la techno et le drum
and bass. Absent de la scène musicale à partir de 2004, Bowie ne fait plus de
tournées depuis le Reality Tour entre 2003 et 2004, et sa dernière prestation
sur scène remonte à 2006. Il sort cependant un album en 2013, The Next Day, et
son dernier album studio, Blackstar, sort le 8 janvier 2016, deux jours avant
sa mort.
Durant plus de
cinq décennies d'une carrière marquée par des changements fréquents de style,
une réinvention permanente de son personnage et de ses approches musicales, il
s'est imposé comme un des artistes musicaux les plus originaux, les plus
importants et novateurs de la musique pop et rock, au point que de très
nombreux artistes se sont réclamés de son influence. Il a vendu plus de 140
millions d'albums dans le monde. Il est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame
en 19965. En 2004, le journal Rolling Stone le place en 39e place de son Top
100 des « Meilleurs artistes de tous les temps », et 23e de sa liste des «
Meilleurs Chanteurs de tous les temps ».
Il a également
mené en parallèle une carrière cinématographique. Son fils Duncan Jones est
réalisateur de films.
L’ALBUM
Forces Parallèles
C’est la
première réelle nouveauté de David BOWIE que Forces Parallèles chronique. Dix
ans ! Comme ce fut long ! Cet album est l’un des plus importants que nous ayons
eu à chroniquer depuis la naissance du site, qui n’existait pas en 2003 lorsque
son précédent opus Reality vit le jour. Dans la carrière de l’un des plus
grands artistes de l’histoire de la musique, dix ans représentent un hiatus
conséquent. Dès cet instant, deux possibilités s’offrent à nous : soit la
maison de disque a poussé, les fans ont réclamé, le monde entier a revendiqué
son tribut à la cause de l’innovation artistique, soit… David s’est réveillé un
beau matin, a réalisé qu'il était toujours capable de contribuer à l’histoire
de la musique et a décidé que l'album qui poussait dans ses tripes tel le
nénuphar de l’écume des jours devait voir le jour. Quant à moi, je ne doute pas
de l’homme qui venait d’ailleurs, la réponse à la question ne peut qu’être
optimiste et nous risquons fort de nous trouver face à un album mythique. Alors
le voilà… Et ça recommence : le Thin white Duke, ex Major Tom, ex Ziggy,
blabla, se permet de sortir une œuvre nantie d’une pochette hideuse… On se
souvient des superbes artworks de Heathen et Reality... Contrepied total avec
cette…performance ? Sortie de l’esprit torturé de Jonathan Bambrook, le
concepteur des deux précitées : on y voit la pochette d’Heroes au titre barré,
parasitée par un carré blanc, une police toute conne...Il faut avoir fait
polytechnique pour suivre David BOWIE. Elle symboliserait « L’effacement du
passé »…on s’en serait douté…personne ne sera indifférent, c’est l’évidence.
Mais après
avoir vu la vidéo de « Where are we now », on reste dubitatif… Effacement,
glorification ou premier souvenir ? Assurément, dix années de silence total ne
peuvent déboucher que sur une création passionnante pour celui qui est
probablement le plus grand artiste musical encore en activité –et je cause
d’une vraie activité -. Posez une oreille sur « Lost is love »… Vous y êtes ?
Une puissance inéluctable se dégage de ce titre hypnotique. La guitare
rappellera celle du sieur Stevie Ray VAUGHAN sur « Let’s dance » - deuxième
souvenir -. Un morceau d’une force rare, dans lequel David donne le meilleur de
lui-même. Un morceau pour l’histoire, que j’adorerai le voir jouer en Live. Le
riff de « The stars (are out tonight) », nous replonge dans les ambiances des
années 90, quand le Duke faisait de Trent REZNOR son mentor avec une modestie
exemplaire pour un artiste d’un tel charisme, troisième souvenir. Ce nouvel
album est donc certainement plus dans une veine « Un artiste se penche sur son
passé » que sur une oblitération de ce passé. Je le vois comme une acceptation.
On retiendra
le refrain épileptique de « The next day » ainsi que sa jolie rythmique de
guitare. En tout cas une introduction bien pêchue. La dissonance de « Dirty
boys » accentuée par la voix cette fois lointaine de Bowie nous rappelle aux
souvenirs expérimentaux de Diamond dogs. La mélodie réussie de « Valentine’s
day » agit telle la Delorean de Marty et nous revoie en 1969, ou les influences
étaient toutes entières tirées des scarabées de la cité des docks. Puis on
jurerait U2 sur l’intro du titre pressé qu’est «If you can see me ». « I’d
rather be high » est une vraie merveille de mélodie, ritournelle que vous
retiendrez dès la première écoute soit le comble de l’efficacité. Le gros sax
et le refrain très classique de « Boss of me » font leur effet, la rengaine est
bien là, toujours présente, hachée mais sophistiquée, simple mais profondément
originale. Ils ne sont pas nombreux à savoir ouvrir leur âme torturée ainsi.«
Dancing out in space » nous replonge dans les élans avant-gardistes chers à
leur créateur, là encore impossible de se tromper, c’est du BOWIE dans le
texte.
« How does the
grass grow », ou comment poser une question essentielle … et en tirer une
chanson agrémentée d’un « yayaya » plus proche d’un « Speedy gonzales » - ouf,
c’est loin…Trini LOPEZ ?- que d’autre chose, c'est rythmé et tout en
contretemps, quel talent ! Hallucinant ! La prise de risque est présente
partout. Finalement, qui a cru un seul instant que ce créateur de génie allait
se la couler douce et proposer du « déjà vu » ? Le riff de « Set the world on
fire » est métallique à souhait, avec un refrain aussi irritant que mémorable.
La force terrible de « Heat » agrémentée de la basse cosmique de Gail Ann
Dorsey plus présente que jamais, est une ode à l'interrogation "I
don"t know who I am"... Une merveille... Ah, et puis encensons un
instant le slow intemporel qu'est « You feel so lonely you could die », juste
comme ça, parce qu'il le mérite....
De tous les
artistes majeurs de la musique, David BOWIE restera à jamais un cas à part.
L'originalité est sa nature profonde, nourrie par une passion dévorante
toujours en avance sur son temps. Quel plus bel exemple que cet album, composé
à ses 66 printemps comme s'il en avait 20...? Quelle classe, quelle maestria
dans l'art de braver l'inconnu. Deux petits mots me viennent à l'esprit. "
C'est génial !"... David n'a pas encore fini de mener l'avant-garde de la
musique populaire mondiale.
A posséder
impérativement. L'album incomparable d'un artiste inégalé.
Rock Fever
Oui, la
pochette est décevante. Après tout, ce n'est ni plus ni moins que la pochette
d'un des anciens albums de Bowie, outrancièrement trafiquée, avec le titre rayé
et un gros carré blanc (avec, à l'intérieur, sobrement, le titre du nouvel
album) au centre, bouffant quasiment tout le visuel de la pochette originale.
David Bowie n'a fait que reprendre la pochette du mythique "Heroes"
de 1977 (y compris le verso de pochette vinyle : au dos du boîtier CD, on
distingue un peu les titres des morceaux de "Heroes", qui sont aussi
bouffés par un gros cadre blanc contenant les titres des morceaux du nouvel
album), et on se demande bien pourquoi. Si encore "Heroes" datait de
1973, ou de 1983, ou de 1993, bref, d'une année en 3 (autrement dit, qui
fêterait, en 2013, ses 40, 30, 20 ou 10 ans, ce genre), ou si ce nouvel album,
The Next Day donc, était sorti en 2007, année des 30 ans de l'album
"Heroes", on aurait eu une idée du pourquoi du comment d'une telle
pochette (rendre hommage à ce disque culte). Mais en 2013, ça semble un peu
étonnant. OK, Bowie veut sans aucun doute rendre hommage à ce disque mythique,
assurément une de ses plus grandes réussites artistiques. Mais pour originale
qu'est l'idée de pochette, elle est aussi franchement fainéante, non ? A l'intérieur
de la pochette digipack (cartonnée) ouvrante en triptyque, on a d'abord deux
pans recouverts, pour l'un, d'un cadre noir brillant sur fond noir, et de
l'autre, une photo de Bowie, récente, cachée par un cadre blanc. On continue de
déplier, et on voit la même photo, non masquée, et le CD. Et un livret dépliant
qui reproduit, en teintes jaunâtre/orangée, la pochette de The Next Day, avec
les crédits, et, au dos, à la queue leu leu, les paroles des morceaux (à la
suite, sans séparation, pas même les titres des morceaux pour les distinguer
les uns des autres). Voilà pour l'artwork, qui est, je trouve, assez frustrant.
Mais c'est
bien la seule chose de frustrante que je trouve à dire au sujet de ce nouvel
album bowien. Parce que, musicalement, je dois dire que ce jour suivant est
remarquable. Mais avant de commencer à parler des 14 morceaux (- ! - et pour 53
minutes, aucun morceau ne fait plus de 4,40 minutes, le plus court fait 2
minutes de moins que le plus long, calculez donc sa durée et l'âge à Roger), on
va parler un peu de Bowie. Putain, que ça fait du bien de le voir de retour, le
mec ! Impossible de parler de l'album sans parler de ce fait : jamais un délai
aussi long entre deux albums de Bowie. Lui qui, dans la période 1969/1980,
avait sorti un album par an (et parfois même deux), et qui, par la suite,
ralentira quelque peu la cadence (un disque tous les 2/3 ans, autrement dit,
tout ce qu'il y à d'acceptable), a mis 10 ans, 10 bon Dieu d'années, entre
Reality (2003, album ma foi pas mal, mais pas extraordinaire) et The Next Day.
Entre temps, tout y est passé, niveau rumeurs : il aurait décidé d'arrêter sa
carrière ; il aurait été (et l'a en effet été) malade ; il serait même mort...
cette dernière rumeur n'a pas tenu longtemps, d'autant plus que quelques
participations amicales à des albums d'autres artistes (Scarlett Johansson ;
plus des participations à des concerts d'Arcade Fire ou de David Gilmour), plus
une ou deux apparitions publiques, ont tué dans l'œuf cette rumeur morbide.
Non, Bowie n'est pas mort, il respire, ses ongles et ses cheveux poussent
encore. Et si certaines rumeurs l'annonçaient affaibli par une maladie (il a
subi une angioplastie il y a quelques années, après la sortie de Reality, bref,
pendant les 10 ans de sa 'pause'), il est de retour, et vocalement, et
artistiquement, le gugusse est en forme. On espère juste :
a) que The
Next Day sera suivi d'autres albums
b) qu'il ne
mettra pas aussi longtemps à en refaire un (il a 66 ans cette année, le David
Jones, tout de même). Bref, on espère que la machine infernale est relancée et
que des pièces détachées soient à portée de main en cas de réparation
éventuelle.
Après, on
parle de l'album. Et celui-ci a été précédé de deux singles : Where Are We Now
? et son clip étrange, et ses paroles qui abordent la période où Bowie a vécu à
Berlin-Ouest, et The Stars (Are Out Tonight), deux excellentissimes chansons
qui ont bien foutu la gaule en attendant le 11 mars, date de sortie de l'album.
Ces deux chansons sont évidemment en bonne place sur The Next Day, dont
l'annonce de la sortie a surpris tout le monde, en début d'année : un gros coup
médiatique à n'en pas douter, et une belle grosse surprise pour les fans,
surtout, qui ont dû se ruer comme des lemmings face à une falaise le 11 mars
dernier dans toutes les FNAC, Virgin Mégastores (en attendant qu'ils
ferment...putain d'époque...), Cultura, Le Grand Cercle et autres disquaires,
afin de se payer un exemplaire de ce disque. Ce disque, Bowie l'a enregistré à
New York et l'a coproduit avec Tony Visconti. Musicalement, on y retrouve Tony
Levin (basse), Earl Slick (guitare), Tony Visconti (guitare), Gerry Leonard
(guitare), Zachary Alford (batterie), Gail Ann Dorsey (basse), Bowie joue des
claviers ou de la guitare, ça dépend des morceaux... Lire les crédits est une
épreuve, tout est à la chaîne, une enculade de crédits, morceaux par morceaux,
la durée des chansons est même écrite en lettres, aucune séparation... Bon,
allez, suffit, on parle de l'album, musicalement parlant. Vous allez me dire
enfin, je ne saurais vous donner tort.
Autant le dire
tout de suite, cet album est remarquable (je l'ai déjà dit plus haut, de toute
façon). The Next Day, qui s'ouvre sur la chanson-titre (3,30 minutes, environ,
de bonheur au refrain révélateur : Here I am, not quite dying), est un petit
chef d'œuvre rock qui offre 14 chansons mémorables. Les deux singles, Where Are
We Now ? (Mélancolique au possible) et The Stars (Are Out Tonight) (plus
pêchu), sont absolument grandioses, mais il ne faut vraiment pas limiter
l'album à ces deux chansons. Chanson la plus courte de l'opus, Dirty Boys (2,58
minutes) délivre une énergie quasi punk, et ce, magré un saxophone ténor très
avant-gardiste. The Next Day, How Does The Grass Grow ?, Love Is Lost, Heat,
Valentine's Day (qui pourrait très bien être un futur single) sont du même
acabit (pas forcément pour l'énergie punk : Heat est plus reposant ; mais pour
le niveau d'excellence), et je dois dire, pour résumer, être bien à la peine
quant à dire quelle chanson, des 14, est la moins percutante. Dancing Out In
Space, éventuellement, mais c'est vraiment élargir l'anus des mouches pour peu
de chose ; ce morceau étant, tout de même, vraiment bon. Je ne peux, ici,
qu'achever ma chronique en disant ces dernières choses : sous sa pochette
décevante, The Next Day est un grand, grand cru de Bowie. Un disque qui, par
moments (de nombreux moments, en fait !), fleure bon le Bowie cuvée mid-70's.
C'est sans doute pour ça que la pochette reprend celle de "Heroes",
au fond, car le disque semble, parfois, dater de 1977. Tout en étant
musicalement encore plus musclé parfois (la chanson-titre, une furie ! La voix
de Bowie quand il arrive au refrain, c'est terrible). A noter qu'Earl Slick,
qui joue sur l'album, fut de l'aventure Bowie de Station To Station et Low
(1976 et 1977), que Tony Levin est un vieux de la vieille du rock 70's et 80'
(Peter Gabriel, Brian Eno, King Crimson...)... Précisons aussi que la batterie
du plus jeune Zachary Alford (pas la première fois qu'il joue sur un Bowie) est
tuante dans les morceaux les plus rock. Précisons, enfin, pour finir, que si
vous êtes fan de Bowie, il vous est interdit de ne pas écouter ce disque.
Est-ce son meilleur depuis Scary Monsters (& Super Creeps) de 1980 ?
Clairement. En fait, et c'est sans doute là aussi une explication de l'auto
plagiat de la pochette : The Next Day est le meilleur album de Bowie depuis
"Heroes" , tout simplement. Vous pensez que j'en rajoute ? Ecoutez
l'album !
XSilence
Voulions-nous
vraiment un nouvel album de David Bowie ? Voulions-nous vraiment écouter
quelque chose de nouveau de la part de celui qui ne cessa de créer, même dans
ses heures les moins glorieuses ? Au fond, les auditeurs de Bowie avaient tous
un peu peur, à des degrés différents, du poids réel et symbolique que pouvait
apporter ce nouvel album à une œuvre déjà constituée et semblant pour nous tous
figée à jamais. Surtout que The Next Day fait allègrement référence au passé,
dans la symbolique encore une fois (la pochette) comme dans ces sons dont Bowie
n'aura jamais réussi à se dépêtrer, ce son et ces rythmes, si caractéristiques
du bonhomme, naviguant entre la pop et le blues.
Aux vues de
tous les signes et symboles que Bowie met à disposition dans ce disque, la
question qu'il faut peut-être se poser est : cet album, ne le voulait-il pas
plus que nous ?
Le principal
problème de Bowie est l'héritage qu'il a lui-même créé (symbolique encore, et
musical, que ce soit la multitude des albums mythiques enregistrés ou les
personnes et groupes découverts, poussés, produits, encouragés, enfantés,
adoubés...). Créant de toute pièce sa légende, Bowie, à l'annonce d'un nouvel
album, se retrouve alors avec le poids d'une montagne sur le dos (qui se serait
trouvée peut-être trop lourde à porter si l'album avait été annoncé plusieurs
mois à l'avance). Mais l'art du détournement qu'il maîtrise encore si bien lui
permet de continuer à créer et de surprendre tout en modelant ce passé. La
surprise est bien ce qui caractérise The Next Day. La surprise d'entendre cette
voix si envoûtante ; la surprise d'entendre une musique anachronique qui ne ressemble
strictement à rien de ce qui se fait dans les années 2010 ; et la surprise
d'être ému. Dans nos têtes, des ponts sont alors bâtis entre The Next Day et
les deux extrémités de sa très longue discographie ; de Ziggy Stardust (avec
cette partie batterie à la fin de "You Feel so Lonely You Could Die")
à Reality (la pop de "How Does The Grass Grow" par exemple) en
passant et en insistant bien évidemment sur Heroes et la Trilogie Berlinoise.
Cette pochette, ces titres, cet incessant va et vient, cette navigation
temporelle entre un glorieux passé et le jour d'après, ont le principal effet
de nous confronter à des exercices de styles dont nous sommes, finalement, peu
habitués. Quelle gloire passée peut se targuer d'envoyer un disque de cette
qualité sans crier gare après dix ans d’absence ? Peu, sans aucun doute. Par
son contexte de création, par sa place dans l'histoire de la musique et de
l'évolution de celle-ci, The Next Day devient alors une sorte d'objet hybride,
non pas d'un artiste revisitant simplement son passé mais bel et bien mais
d'une personne ayant un désir de création le dépassant. Ça en est d'autant plus
émouvant.
Les Inrockuptibles
On l’annonçait
agonisant, perdu pour la musique : c’est pourtant un David Bowie tout en
maîtrise qui enflamme ce début 2013, avec une prodigieuse exposition
londonienne et un nouvel album digne et électrique. Critique.
Ne nous
voilons pas la face, on s’était à contrecœur rangé à l’idée que la prochaine
couverture que ce journal consacrerait à David Bowie le serait à titre posthume
et nécrologique. Rien, pendant toutes ces années où l’on aura guetté un signe,
une preuve de vie, en provenance de sa retraite new-yorkaise, ne pouvait
laisser croire à une issue aussi positive que la sortie d’un nouvel album. Si
on reconnaît un grand maître à son art de maîtriser le temps, alors Bowie est
venu confirmer qu’il était le plus grand des maîtres.
Depuis dix ans
et la parution de Reality, son précédent album studio, il avait ainsi presque
totalement disparu de la vie publique et artistique, laissant grandir les
rumeurs les plus funestes (maladie cardiaque aiguë, cancer) sans jamais prendre
la peine d’apporter le moindre démenti, jouissant sans doute délicieusement du
nouveau coup qu’il préparait en secret. Officiellement, selon des méthodes de
distillation d’infos que lui envierait Hugo Chávez, on nous faisait juste
savoir que le Thin White Duke allait bien, qu’il coulait des jours tranquilles
à Manhattan en s’adonnant à la peinture et à l’éducation de sa petite fille
d’une dizaine d’années. Et puis soudain, le big-bang ! Trompant même la
vigilance d’internet, il est parvenu à prendre tout le monde par surprise en
postant à l’aube du 8 janvier dernier, jour de son soixante-sixième
anniversaire, un nouveau morceau au titre facétieux, Where Are We Now?,
accompagné de l’annonce de The Next Day, son vingt-quatrième album à paraître
deux mois plus tard.
Durant cette
folle journée où Twitter faillit bien imploser d’allégresse, les informations
relatives à ce come-back de l’enfer furent lâchées avec un certain génie de la
mise en scène. Il y eut d’abord le clip dérangeant de l’artiste Tony Oursler,
avec lequel il collabore depuis 1997, montrant le seul visage d’un Bowie apparemment
en souffrance, monté sur une poupée de chiffon siamoise d’une femme
silencieuse, accompagné d’images de Berlin tournées avant la chute du Mur et
indiquant un possible retour sur les traces de la fameuse trilogie des années
70, Low, Heroes et Lodger. Une piste creusée encore un peu plus par la pochette
de The Next Day – œuvre du graphiste Jonathan Barnbrook –, et son détournement
situationniste de l’image iconique de Heroes. On crut d’abord à un fake en
provenance d’un petit malin hyper réactif, mais c’était bien la véritable
pochette.
David Bowie
n’était jamais allé aussi loin dans l’anthropophagie de son propre mythe
qu’avec cette pochette pour le moins désarmante. Continuant dans le même
registre, arrivèrent ensuite les premiers indices sur l’enregistrement, qui se
déroula de mai à septembre l’an dernier, délivrés par Tony Visconti, producteur
fidèle promu porte-parole d’une opération millimétrée qui remettait un prétendu
mourant dans l’oeil du cyclone médiatique. Un autre single dévoilé fin février,
The Stars (Are out Tonight), et un clip montrant cette fois Bowie en pied
venaient compléter cet insoutenable puzzle marketing. Aucun des albums publiés
par Bowie au cours des années 90/00 n’avait suscité une telle attente fébrile,
et les premières écoutes organisées par la maison de disques mi-février
renforçaient le caractère exceptionnel, voire irrationnel, de ce moment
légèrement messianique.
Ce ramdam en
valait-il la chandelle ? Oui et non. The Next Day, douchons d’emblée les
ardeurs, n’est ni le nouveau Hunky Dory, ni l’équivalent de Station to Station
ou Heroes, malgré sa référence appuyée à ce dernier, et à cette période où
Bowie et Brian Eno inventèrent “le jour d’après” de la musique pop. En
retravaillant avec Tony Visconti et sensiblement la même équipe de musiciens
qu’il y a dix ans (les guitaristes Gerry Leonard et Earl Slick, le batteur
Sterling Campbell, notamment), l’Anglais a opté pour la continuité, lui qui fut
à sa grande époque le champion toutes catégories des ruptures, du transformisme,
de l’immolation publique et des cendres phénixiènes.
On peut
d’ailleurs s’étonner que Bowie, qui est apparu de manière subliminale ces
dernières années sur les albums de TV On The Radio ou d’Arcade Fire, n’ait pas
cherché enfin à se rapprocher des vraies cellules vivantes de la musique
d’aujourd’hui au lieu de reprendre langue avec ses requins habituels. C’est la
déception majeure de ce retour qui, autrement, ne manque pas de panache.
D’ailleurs, en
dépit de ces réserves concernant le casting, The Next Day est loin d’être un
album indigne. Alignant quatorze titres (et trois autres en bonus pour les
éditions limitées), il n’est pas non plus nimbé de cette mélancolie
crépusculaire que laissait supposer Where Are We Now?, ballade trompe-l’œil que
contredit The Next Day, la tonitruante chanson d’ouverture de l’album. Un riff
et une rythmique limite glam, la voix de Bowie d’emblée au bord de la rupture,
un refrain scandé et des guitares qui évoquent le Robert Fripp de Scary
Monsters, le décor ainsi posé dévoile une envie furieuse de jouer avec les
grandes architectures bowiesques.
L’ensemble,
malgré une production assez proche de Heathen ou Reality, renvoie clairement au
passé, par exemple à Kurt Weill que Dirty Boys semble chercher à accorder aux
tumultes du nouveau siècle. The Stars (Are out Tonight), conquérant second
single, laisse aux guitares d’Earl Slick le meilleur rôle alors que sur Love Is
Lost, Bowie reprend vocalement le dessus dans un registre théâtral parasité
malheureusement par une batterie enclume. Après Where Are We Now?, que l’on
retrouve avec plaisir suite aux secousses parfois violentes du début de
l’album, arrive Valentine’s Day. Une pop-song qui constitue sans doute le
single le plus évident de l’album, évoquant le Morrissey des années 90, y
compris dans la production un peu middle of the road, alors qu’au contraire If
You Can See Me étouffe sous l’ambition de vouloir faire gigantesque, avec une
rythmique affolée qui frise avec le prog et un parti pris vocal ingrat et âpre,
aux limites de l’exultation nihiliste. I’d Rather Be High, avec son élan
héroïque et son refrain en escalier, comme le subtil Boss of Me et sa ligne
mélodique complexe, reconnectent encore l’album avec la période
Heroes/Lodger/Scary Monsters. Dancing out in Space, quasi rockabilly dans sa
structure, laisse encore une fois les guitares serpenter autour de la voix
comme pour l’étouffer, alors que How Does the Grass Grow? accorde un peu plus
d’espace à Bowie pour respirer, ce dont il ne se prive pas avec un refrain en
forme de “ya-ya-ya” badins portés par un piano martial. C’est aussi le premier
titre où l’on entend distinctement une guitare acoustique, parasitée toutefois
par un solo électrique inutilement bavard. (You Will) Set the World on Fire et
son riff hard-rock (Allumer le feu ?) ferait la joie des stades si Bowie
finissait par se laisser convaincre de remonter sur scène.
En dehors de
cette option, écartée par l’intéressé, on ignore la raison de la présence d’une
telle verrue, quand parmi les titres bonus que sont So She ou I’ll Take You
There, au moins un aurait mérité de figurer dans le tracklisting officiel. You
Feel so Lonely You Could Die, une ballade au piano prise en écharpe par des
choeurs grandioses semble indiquer la redescente en planeur vers le final étrange
de Heat. Un morceau atmosphérique où Bowie chante comme le Scott Walker des
années 80 mais qui part un peu en torche vers les récifs anxiogènes des BO de
thrillers, avec l’arrivée de bouffées de cordes dissonantes qui constitue le
seul moment expérimental de l’album.
On doit le
confesser, ces impressions ne sont le résultat que d’une seule écoute, à fort
volume, et non d’une auscultation minutieuse. On ne peut ainsi, à ce stade,
confirmer la rumeur selon laquelle certains textes feraient clairement référence
à d’autres étapes et personnages clés de la galaxie Bowie. Il faudra donc mieux
l’apprivoiser, le laisser décanter un peu, pour déterminer si The Next Day est
une étape réellement fondamentale dans la carrière de Bowie ou simplement la
coda acceptable d’une trajectoire de toute façon exceptionnelle.
TRACKLINSTING
| 1 | The Next DayArranged By [String Arrangement] – David Bowie, Tony ViscontiBass – Gail Ann DorseyDrums – Zachary AlfordGuitar – David Torn, Gerry LeonardStrings – Anja Wood, Antoine Silverman, Hiroko Taguchi, Maxim MostonWritten-By, Vocals, Guitar – David Bowie | 3:26 |
| 2 | Dirty BoysBaritone Saxophone – Steve ElsonBass – Tony LevinDrums – Zachary AlfordGuitar – Earl Slick, Gerry Leonard, Tony ViscontiWritten-By, Vocals – David Bowie | 2:58 |
| 3 | The Stars (Are Out Tonight)Acoustic Guitar, Arranged By [String Arrangement] – David Bowie, Tony ViscontiBacking Vocals – Gail Ann Dorsey, Janice PendarvisBaritone Saxophone, Contrabass Clarinet – Steve ElsonBass – Gail Ann DorseyDrums – Zachary AlfordGuitar – David Torn, Gerry LeonardRecorder – Tony ViscontiStrings – Anja Wood, Antoine Silverman, Hiroko Taguchi, Maxim MostonWritten-By, Vocals, Acoustic Guitar – David Bowie | 3:57 |
| 4 | Love Is LostBass – Gail Ann DorseyDrums – Zachary AlfordGuitar – Gerry LeonardWritten-By, Vocals, Keyboards – David Bowie | 3:57 |
| 5 | Where Are We Now?Bass – Tony LevinDrums – Zachary AlfordGuitar – Gerry LeonardPiano – Henry HeyStrings – Tony ViscontiWritten-By, Vocals, Keyboards – David Bowie | 4:09 |
| 6 | Valentine’s DayBass – Tony ViscontiDrums – Sterling CampbellGuitar – Earl SlickWritten-By, Vocals – David Bowie | 3:02 |
| 7 | If You Can See MeBacking Vocals – Gail Ann DorseyBass – Tony LevinDrums, Percussion – Zachary AlfordGuitar – David Torn, Gerry LeonardWritten-By, Vocals, Keyboards – David Bowie | 3:12 |
| 8 | I’d Rather Be HighBass – Tony LevinDrums – Zachary AlfordGuitar – Gerry LeonardWritten-By, Vocals – David Bowie | 3:44 |
| 9 | Boss Of MeBacking Vocals – Gail Ann Dorsey, Janice PendarvisBaritone Saxophone – Steve ElsonBass – Tony LevinDrums – Zachary AlfordGuitar – Gerry LeonardRecorder – Tony ViscontiVocals – David BowieWritten-By – David Bowie, Gerry Leonard | 4:09 |
| 10 | Dancing Out In SpaceBass – Gail Ann DorseyDrums – Zachary AlfordGuitar – David Torn, Gerry LeonardWritten-By, Vocals, Keyboards – David Bowie | 3:21 |
| 11 | How Does The Grass Grow?Bass, Backing Vocals – Gail Ann DorseyDrums – Zachary AlfordGuitar – David Torn, Gerry LeonardVocals, Keyboards – |
| torrent name | size | uploader | age | seed | leech |
|---|---|---|---|---|---|
| 729.75 MB | DHT | 2 days | 0 | 26 | |
| 96.31 MB | DHT | 3 days | 1 | 7 | |
| 3.74 GB | XXX_XXX | 5 months | 0 | 0 | |
| 4.08 GB | XXX_XXX | 5 months | 0 | 0 | |
| 4.7 GB | XXX_XXX | 5 months | 0 | 0 |
All Comments