Pour dresser le portrait d’un chanteur, il faut d’abord peindre des chansons. Puis peignez, quelque chose de joli, quelque chose de simple, quelque chose de beau, quelque chose d'utile.
Il peut paraître présomptueux de paraphraser et de citer Prévert dans une présentation de Portraits, jusqu’à ce que l’on considère combien la poésie, aujourd’hui, s’exprime le plus à travers les chansons – et que les mots n’en sont plus le seul véhicule. Il s’agit ici de dresser le portrait de Doriand, dont les talents de compositeur ont été réquisitionnés par les artistes les plus exigeants (ce qui lui a valu la distinction « auteur de l’année 2019 » par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). Sa carrière solo n’a cependant pas rencontré le butin de la notoriété. Depuis son succès Au diable le Paradis en 1996, le quadragénaire a sorti quatre albums salués par la critique. Mais le succès commercial est venu grâce à des chansons qu’il avait écrites pour d’autres, comme Toutes les Femmes de ta Vie de L5, Boum Boum Boum et Elle me Dit de Mika, ainsi que pour des sommités comme Alain Bashung et Michel Polnareff.
Ces amis se sont alors précipités pour participer à ce projet d'un nouveau type, apportant leur propre signature aux chansons que Doriand avait enregistrées pour ses propres albums : Mika ramène Au diable le Paradis sur terre, Keren Ann et Edith Fambuena (chantant ensemble pour la première fois ) célèbrent leur union sur La Mariée, Brigitte interprète avec grâce Et va la Vie, Peter Von Poehl se montre nostalgique sur Adolescence, Lio se confesse sur Le Pardon du Chevreuil, Helena Noguerra transfigure L'Age des Saisons, Philippe Katerine nous oriente vers Ici . « L’idée était que les chanteurs apporteraient leur voix en plus des productions originales. Nous sommes donc retournés aux sessions, avons déterré les cassettes et je les ai fait chanter sur les morceaux tels qu'ils apparaissaient sur mes albums. Nous avons eu la chance que les tons soient parfaits à chaque fois. La cohérence du nouvel album se construit autour du choix des chansons, mais aussi de la perception qu’en a le chanteur, c’est le lien. Ce n’est pas seulement un portrait de moi-même, mais de celui qui les chante, comme un échange.
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