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[Math rock] This Town Needs Guns (TTNG) - Animals - 2009 (FLAC)

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[Math rock] This Town Needs Guns (TTNG) - Animals - 2009 (FLAC) (Size: 390.04 MB)
  01 - TTNG - Pig.flac 28.55 MB
  02 - TTNG - Baboon.flac 25.93 MB
  03 - TTNG - Panda.flac 26.97 MB
  04 - TTNG - Gibbon.flac 34.19 MB
  05 - TTNG - Rabbit.flac 35.09 MB
  06 - TTNG - Badger.flac 36.59 MB
  07 - TTNG - Elk.flac 18.6 MB
  08 - TTNG - Crocodile.flac 17.31 MB
  09 - TTNG - Quetzal.flac 2.11 MB
  10 - TTNG - Chinchilla.flac 29.9 MB
  11 - TTNG - Dog.flac 21.49 MB
  12 - TTNG - Lemur.flac 22.75 MB
  13 - TTNG - Zebra.flac 9.88 MB
  14 - TTNG - If I Still Maybe I'll Make It Out of There.flac 43.38 MB
  15 - TTNG - 26 is Dancier than 4.flac 37.32 MB

Description


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(m + 1)x + (m + 2)y + (m + 3)z = Math Rock



Soyons
honnête, à l'heure où les genres et sous-genres musicaux pullulent à la même
vitesse que les acariens de nos matelas, on a franchement tendance à s'y
perdre. Punk rock, Art punk, Skate punk, Street punk, Crust punk, Cowpunk, Pop
punk, Garage punk, Proto punk... j'arrête là la liste, rien que pour le punk elle
file mal au crâne. La raison à cela ? Elle est simple. Il suffit qu'un
journaliste, qui est allé assister la veille à un concert, traîne un peu trop
le lendemain à la machine à café, et, une fois revenu en salle de rédaction,
surexcité, nous invente un style dans la seconde. En tombant sur l'article, les
musiciens en question tomberont également des nues : « Ah bon ? C'est du
Segafredo-punk que l'on fait ? » Or, ce phénomène ne date pas d'hier. Déjà, à
la fin du XIXème siècle, Debussy, en accueillant chez lui un journaliste venu
l'interviewer, apprit de ce dernier qu'il faisait partie du courant impressionniste.
La réponse de l'ami Claude fut cinglante – attention, ça pique : 
« Ce qui m’impressionne
surtout, c’est la bêtise de ceux qui veulent à tout prix faire de ma musique un
paysage à accrocher dans un décor. Je ne décris pas, je ne reproduis pas.
J’exalte.
 Il n’y a
plus imitation directe mais transposition sentimentale de ce qui est
"invisible" dans la nature. Rend-on le mystère d’une forêt en
mesurant la hauteur des arbres ? Et n’est-ce pas plutôt sa profondeur
insondable qui déclenche l’imagination ?
 »


Et bim ! Dans les dents. Néanmoins l'appellation est
restée. C'est ainsi, lorsqu'un journaliste divulgue une nouvelle, vraie ou
fausse, on la retient, on la répète autour de soi, car il est plus facile de
répéter la « vérité » entendue à la radio, à la télé, ou lue dans un canard,
que de penser par soi-même.
 



Le math rock, donc, kezako
? On emploie ce terme pour les groupes qui triturent la structure classique du format
chanson – intro / couplet / refrain / couplet 2 / refrain 2 / pont
 / refrain ad lib. ou coda –, qui privilégient,
à défaut des mesures binaires 4/4 ou 2/4, les mesures asymétriques comme 7/4, 5/4
ou 11/8, et qui traitent la ligne mélodique comme quelque chose de secondaire
en faisant tourner plus longtemps les parties instrumentales. Pink Floyd ou King
Krimson faisaient déjà ça en leur temps, on appelait ça du rock progressif.
Quelle différence entre le rock progressif et le
math rock ? Aucune idée. Si vous voulez mon avis, le journaliste qui a pondu le
terme n'avait aucune notion de solfège, et, devant tous ces chiffres, a dû se
dire : « Waouh ! Mais c'est
des mathématiques que font ces mecs-là ! »
 
 



Sans
être des Einstein en herbe, les musiciens étiquetés « math rock » exploitent à
fond les possibilités de leur instrument, essayant de faire de la technique,
non pas un sport démonstratif, mais un art. Beaucoup de plans se succèdent dans
leurs compos, la première idée donne très vite toute sa sève, comme si une trop
grande fidélité à ce qui a déjà été écrit risquait d'entraîner une suite
mécanique, un développement académique. Le groupe This Town Needs Guns (TTNG),
que je vous propose aujourd'hui, produit un math rock très accessible. Eux n'ont
pas réduit la part dévolue à la mélodie, et c'est tant mieux. Leur configuration
est celle du groupe Police : Henry Tremain (basse-chant), Tim Colins (guitares)
et son frère Chris Colins (batterie). En prolongeant la comparaison, je dirais
que TTNG, c'est Sting, Andy Summers et Stewart Copeland sous cocaïne – ce qui
est un compliment, les trois policemen n'ont pas une réputation de manchots amorphes, rien que le jeu de Stewart Copeland, ça vous remplit
l'espace d'un lot considérable de variations subtiles ou affirmées. Eh ben, les
TTNG en déploient dix fois plus. Leurs atouts : la voix de Henry Tremain,
superbe, brute et émouvante sans maniérisme ; le jeu en finger picking de Tim
Colins, lui permettant de faire des arpèges et des accords étendus d'une grande richesse ; la
finesse, l'écoute de Chris Colins, qui sait se mettre en avant et en retrait
dans les moments opportuns. Voici en extrait l'avant-dernier morceau de Animals
(premier album), et ça s'appelle If I
Still Maybe I'II Make It Out of There
. Pour ceux qui ne connaîtraient pas,
vous allez voir, ça joue du feu de Dieu ! 

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