| Piscine Molitor.cbr | 120.06 MB |

SYNOPSIS
| Le 23 juin 1959, Boris Vian se baigne à la piscine Molitor. Depuis sa plus tendre enfance, il a de graves problèmes cardiaques. Il s'est persuadé que faire un peu de nage en apnée lui était bénéfique. Il n'a pas franchement le moral et se souvient des étapes de sa vie. Quand, alors qu'il était enfant, il s'amusait sur la plage avec son frère à faire rimer des vers à partir de mots. Quand, alors qu'il était adolescent au moment de la crise de 1929, ses parents apprenaient qu'ils étaient ruinés. La famille jusqu'alors de condition aisée, devait déménager de leur belle résidence des Fauvettes vers la simple maison du gardien. Tandis que Boris sympathisait avec le fils des nouveaux propriétaires, un certain Yéhudi Menuhin, son père devait trouver un poste de commercial pour subsister, dans les médicaments de l'abbé Chapitre, contre la blennorragie... Bien plus tard, Boris réunissait tout un tas de joyeux drilles au sein d’une pseudo-confrérie secrète, le « cercle légateux ». Les adeptes de toutes formes d'esprit, et en particulier d'humour absurde, s'y retrouvent et partagent leur passion commune pour le jazz… |


L'exercice de la biographie est parfaitement maîtrisé.
Le biais narratif est néanmoins classique en la matière :
on assiste à une succession de flashbacks, remémorés par Boris Vian
et retraçant les grands épisodes de la vie de cet artiste protéiforme,
alors qu’il est sur le point de mourir sur le bord de la piscine Molitor.
De sa passion pour le jazz à son penchant pour les bons mots d’esprit et/ou de non-sens,
Bourhis parvient brillamment à faire le tour du personnage et de sa démarche intellectuelle.
On jubile de son sens de la répartie, des extravagances de son milieu,
de la finesse de ses analyses, des talents de son entourage
(il est l’ami de Prévert, Sartre, Queneau, de Beauvoir, Menuhin, Greco, Miles Davis...)
On se pique de la controverse sur J’irai cracher sur vos tombes
(une œuvre considérée comme scandaleuse et pornographique, qu’il a originellement signée d’un pseudo).
Si le trait de Cailleaux n’est pas des plus gracieux, il colle néanmoins à la perfection au genre
et à l’ambiance légèrement atrabilaire de cette rétrospective. Indispensable pour les admirateurs.
Benoît Cassel, Planète BD
Écrire une biographie, celle de Boris Vian en particulier, est un exercice difficile.
En dire trop ou pas assez, vouloir être exhaustif sans tomber
dans le journal chronologique et rébarbatif, contourner l’énumération...
Autant d’écueils que les auteurs ont su éviter avec brio.
La narration est alerte, imaginative, cultivant tout au long de l’album l’opposition saisissante
entre le silence et la quiétude de la Piscine Molitor et le brouhaha incessant de la vie de l’artiste.
Les personnages secondaires occupent également une place de choix.
A commencer par les deux femmes de sa vie, Michelle et Ursula.
Mais surtout, Jacques Loustalot, dit « Le Major »,
dont l’excentricité forcera son admiration et en fera l’un de ses meilleurs amis.
S’il fallait qualifier le travail de Christian Cailleaux, ce serait sans doute par le mot « élégance ».
L’auteur passe allègrement d’un trait vif et de décors surchargés,
teintés de rouge pour dépeindre l’une des nombreuses fêtes organisées par l’écrivain,
à un style beaucoup plus dépouillé, presque froid, quand ce dernier se retrouve seul face à sa maladie.
Les auteurs ont réussi le tour de force de rendre une biographie passionnante,
de s’intéresser à un album avant d’en connaître son héros.
L. Gianati, BD Gest

All Comments