| Une tête bien vide - Gilbert Hernandez.cbr | 102.04 MB |

SYNOPSIS
| L’adolescence est une période transitoire difficile et celle de Bobby n’est pas une exception. Entre rage, frustration et occasions manquées, Bobby raconte son âge ingrat : une mère desperate housewife, un père immigré mexicain effacé qui parle mal anglais, des potes bagarreurs, des filles fascinantes, la drogue, l’alcool… Mais rien ne semble le passionner, si ce n’est la musique qui marque son évolution, du glam rock au punk. Incapable de s’engager, nonchalant, Bobby laisse peu à peu s’échapper les années sans s’apercevoir de l’impasse où mène une adolescence ratée. |

Hernandez montre comment les incidents marquants de l'enfance
impriment une marque psychique indélébile sur l'individu.
Les railleries des autres enfants orienteront le comportement de Bobby
vers une défiance vis-à-vis de ses contemporains, le sentiment d'être de trop dans cette existence.
Comme à son habitude, l'auteur refuse tout langage psychologique, ou psychanalytique.
Il préfère montre et laisser le lecteur libre de son interprétation et de son analyse. [...]
Une tête bien vide se focalise sur l'assimilation de l'enfant dans la société des adultes, bon gré, mal gré. [...]
Dans une interview, Gilbert Hernandez a expliqué que cette histoire était également
une projection de ce qu'il aurait pu devenir s'il n'était pas devenu un dessinateur, un artiste.
C'est également une réflexion sur la manière de gérer sa colère. [...]
Quand le lecteur ouvre cette BD, il reconnaît immédiatement les caractéristiques graphiques
des dessins de Gilbert Hernandez. En surface il s'agit de dessins simplistes,
avec un détourage des formes par le biais d'un trait un peu épais,
et des représentations parfois naïves (dans la morphologie des individus, ou dans l'aspect des décors).
Pourtant, cette apparence simple ne nuit en rien à la narration.
Au bout de quelques pages, le lecteur commence à apprécier
l'immédiateté de la lecture de ces dessins que rien ne vient alourdir.
Puis il prend conscience que cette simplicité relève plus de l'évidence
que d'un raccourci pour dessinateur pressé. Prise une par une, chaque case constitue
un constat sur l'état d'esprit du personnage représenté, sans fioriture,
mais avec une acuité pénétrante et parlante pour le lecteur. [...]
Pour cette nouvelle histoire, Gilbert Hernandez centre son récit sur l'adolescence,
sur ses souvenirs de la musique punk, et le poids de l'acquis.
Le lecteur prend conscience que l'ambition du récit
dépasse largement celui de simples réminiscences.
Hernandez ne recrée pas l'époque de sa jeunesse.
Il incorpore une partie de ses souvenirs dans la vie de Bobby,
individu ordinaire dont la vie est soumise et configurée
par son milieu social et culturel et ses rencontres (comme chaque être humain).
Ces constats renvoient le lecteur à sa propre vie, à l'idée qu'il peut se faire de son libre arbitre,
à ses convictions, à la part d'impondérable et d'arbitraire qui gouverne sa propre vie.
Presence, 5 étoiles sur 5, Babelio
Toujours fidèle à cette belle manière de poser des personnages
sans le moindre jugement, Gilbert Hernandez nous offre ici un récit superbe,
où l’on se surprend souvent à vouloir aider un Bobby totalement désemparé.
Un récit qui nous replonge nous aussi dans ce trouble moment de notre existence,
où les questions demeuraient souvent sans réponse,
où la rage et les frustrations nous faisaient parfois flirter avec un désarroi dévastateur.
Jean, Soupe de l'espace

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